mardi 8 janvier 2008

De migration en Croatie

28/12/07 Dans le bus 115 qui mene chez Niko. Dans la bibliotheque de l'appart de sa mere : un double d'un livre de theorie marxiste leniniste, un livre intitulé »Oustachis, ministere de la mort«, un livre d'astrologie, une apologie voire hagiographie de Tito, la Bible. Le grand pere etait un oustachi criminel fervent qui sentant le vent tourner en faveur des Partisans, se converti vite fait aux ideaux au pouvoir. Il se marie bientôt avec une femme appartenant a la communauté qu'il massacrait peu auparavant. Mystere de l'Homme. Sortie pédestre á visiter quelques traces de Zagreb, au menu :
des endroits oů les gens vendent des trucs, antiquaire oů il y a des miniatures chinoises, un étui á lunette en cuir de reptile contenant de petites lunettes brisées. Librairies pour voir quels genre d'idées on diffuse par lá, tres peu de BD. Visite á la cathédrale. Au devant, il y a une reproduction grandeur nature de scene biblique. Sur musique new-age, un type habillé en caricature des temps anciens se gele les parties (car il fait tres froid á Zagreb) au coin d'un feu. Un commentaire tandis que le type se leve, pour respecter le timing des explications orales traverse á pas lent le faux pont installé pour l'occasion, il sort une fausse flűte et fait semblant de jouer un air que tonitrue les hauts parleurs. Autour, les filles et les garçons payés pour faire les pitres habillés comme l'autre, attendent leur signal d'entrée en rigolant. Ca y est, tout le monde simule l'animation d'un faux marché, le forgeron tape un marteau sur une enclume en rythme sur un arrangement de Shalom alerem. Tout le monde tape lourdement des mains en évitant soigneusement le contre temps qu'essaie désespérement de souligner la bande son. Alors Marie et Joseph se pointent, ils sont accueillis aupres du feu oů 2 types les convient á se geler les parties en commun. Un judéen sort un micro et interview Joseph, je me casse. Il y a aussi depuis peu, une vague de journaux gratuits qui envahissent les transports en commun. En pleine derniere page, chaque jour, il y a une jeune femme en string qui exhibe totallement sa poitrine qu'elle a généreusement refaite, prodiguant quotidiennement aux usagers des lignes de bus/tram quelques milliers d'érections gratuites, culpabilisant quelques centaines d'honnetes gens qui sont allé voir le spectacle religieux précédent.
29/12/07 Auto stop pour Split, ville principale de la côte dalmate. La banlieue de Zagreb est en noir et blanc, Nina et Niko nous tendons nos pouces dans l'air glacial. Le premier type á nous prendre est un vieux jeune qui écoute Bijelo Dugme en nous déposant au péage de la direction voulue. Une demi heure de réfrigération du pouce droit et un anglais nous embarque direct pour notre destination. Il y travaille depuis 1 ans, s'occupe de project-management dans une entreprise fabriquant des bateaux. Ils viennent de finir la derniere commande le bateau personnel de Bernard Arnault ultrariche temoin de mariage de notre Naboléon national. Le conducteur a construit son propre petit navire ce qui lui perment d'aller flâner dans les îles de Dalmatie, on parle des requins qu'il voit parfois. Il met un CD de Green Day le genre de musique qui convient pour rouler á fond sur une autoroute toute droite ensoleillée. Maintenant assis sur un banc á 5 metres de l'Adriatique, il fait 10°C (de plus qu'á Zagreb) et la lumiere l'ozone et la surface de l'eau fabriquent d'infinies nuances de bleu jaune orangé.
30/12/07 Dans le bar de la station Bus de Mostar nous attendons Nina qui a pris le bus faute de place dans la voiture. Soirée précédente arrosée á échanger des bribes de chansons dans nos langages respectifs. Certains des interlocuteurs croates connaissent quelques expressions françaises insolites : "Batterie", "Non, c'est trop cher". Départ en voiture et arręt chez les parents de ???. Son pere immense m'attrape par les épaules en rigolant. Rula le chien se fait emmerder par "Glupi Pik". Explication : Pik est un long chien du quartier maigrelet á poil ras á l'air maladroit et hésitant en permanence. La mere de le traiter régulierement de stupide, "Glupi" en croate. D'oů ces cris réguliers "Glupi Pik !" que nous entonneront durant le reste du trajet. Lorsque le papa s'en sera éloigné pour nous souhaiter bonne route, Glupi Pik boulottera gaillardement l'assiette de charcuterie laissée sur la table, et la derniere image de cette famille est celle du papa chassant Glupi Pik á jets de caillou sans conviction.

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