24/12/07 C'est Noel et passe du temps á envoyer des messages á des jeunes qui proposent de loger des gens en cette fin d'année en Sarajevo pour pas d'argent. Passe au Rog rendre visite aux 3 comperes qui habitent le centre social. Louis est en train de manger, le type qui vient de Bosnie et l'autre d'Iran dont ne me rappelle plus les prenoms, de regarder une emission au sens limité sur une vieille télé qui capte mal. Dans un autre bâtiment, il y a la salle de concert oů rien n'est prévu aujourd'hui, seulement un type genre nouveau punk qui dit s'appeler Jasmin, qui tape sur la batterie en ne tenant aucun rythme plus de 15 secondes. Au gars derričre le bar, est demandé si possibilité de jouer avec les batteur. Il a l'air d'ętre fatigué des 5 concerts par semaines qui se déroulent ici, mais la question est redirigée vers le tapeur zappeur. Accepté. Donc avec une guitare électrique dont il manque les deux cordes aigues, nous essayons de nous entendre en passant á la moulinette de la guitare estropiée des tas de mélodies. Entre les séances d'interactions heuristiques (ouah il est placé ce terme lá, c'est pas souvent), nous allons boire une biere á 1 euro 30.
Un humain feminin est lá avec un individu canin noir imposant qui me fait la fęte puis attrape et tire-machouille l'extremité de mon pied droit. Un homme grand et mince se pointe en maugréant quelque chose d'un air ravi. Le jeune batteur cčde sa place á un type qui ressemble á Eric Clapton vieux donc bientot ça fait gesticuler des doigts pour faire du blues. Passe tout l'aprčs midi du 25 sur un site internet dont l'objectif est de mettre en reseau les gens qui veulent heberger des voyageurs gratos. Départ demain á 8h35 pour Zagreb, rencontrer Nikolina avec laquelle irais probablement passer New year's eve á Mostar (BiH).
Dans le compartiment il y a des gens de Macédoine qui sortent leur passport noir á la douane. Les derniers kilomčtres avant Zagreb, dans le couloir il y a un vieux type tout de sombre vętu, un chapeau, qui chante d'une voix émouvante des chansons dont ne peux les paroles comprendre. Mais la voix et la mélodie sont sonores et belles, les larmes aux yeux quasi. Peut-ętre est-il drunk ? Il a des yeux bleux intenses, j'applaudis á la fin et il continue. Arrivé, Niko est lá, nous rendons á l'appartement de potes qui ne sont pas lá mais des musiciens qui prennent du bon temps : un cajon, un violon, deux guitares. Un des joueurs s'appelle Boris, auparavent ils ont été jouer dans les environs de Toulouse pour une tournée montée par une asso de Paris. Parmi les expressions française qu'on lui a appris, pour demander l'heure il y a "bonjour, je m'appelle Boris, j'ai une petite bite ?". Comme ils veulent se venger, Boris m'écrit sur un papier ce message galant qu'il me faut adresser ŕ la fille de mon choix. Boris m'assure de la courtoisie de ce message des plus juicy :
ĆAO DEKLICA ! MAS LEPI JOŠKI ! LEPO BI BELO ĆE BI MOGEL SKONČATI PO NJIMA ! PO LEVOJ AMPAK DESNOJ ?
Pas fou, le fais traduire il signifie : "Salut beauté ! Tu as de magnifiques nichons ! Ce serait super d'éjaculer dessus ! Sur le droit ou sur le gauche ?"
Merci Boris, succčs garanti. Ces types sont chouettes, ils cherchent á sortir les musiques traditionnelles des Balkans du trou folklorique qui les menace. Ils sont donc de bons conseils pour les references. Deux d'entre eux partent le 3 Janvier pour la Guinée-Conakry pour un stage de formation aux musiques mandingues en compagnie de Mamadi Keita et Famoudou Konaté, ce qui n'est pas rien pour les connaisseurs. Ce 27 Decembre au soir, écrire dans cet appartement au papier peint vert que je passe d'excellents moments en Croatie, détruits les stéréotypes (mais d'oů vient ce mot ?) élaborés depuis la France. Les gens rencontrés ici sont inventifs et Boris incroyablement drôle avec un humour á froid des plus efficace. A Zagreb au soir, on peut assister á un concert de Didjeridoo dans un planétarium. Un type baraqué raconte des histoires en faisant des rythmes durs á comprendre á l'aide de son souffle et de morceaux
d'arbres eucalyptus démantibulé. Un autre gars raconte la vie des étoiles, ne razumem sinon que les gens rigolent par intermittence du commentaire qu'il mčne d'un ton vif et rapide.
Aprčs, rendez vous at the green flat, oů attendent des bičres pleines de considérations absurdes mais libératrices, un mélange de souvenirs de guerres, de tentatives d'analyse du rôle de l'Union Européenne notamment dans l'attribution des zones de pęches au large de la Croatie.
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