25012008
Au terrain de football de Bežigrad, quartier sportif de Ljubljana. Chaque mardi, mercredi et samedi, de 15 á 17h, des types representant toute l'Afrique de l'Ouest du Benin au Nigeria jusqu'au Cameroun se pointent progressivement, revettent des tenus adaptées et pretent meme des crampons á la bonne taille. Un sentiment vaguement Johny Clegg, parce que suis l'unique white man sur le terrain, un type rastaman á l'air mefiant tendra la main gauche pour les salutations, avant de se raviser et d'utiliser plus cordialement l'autre apres que Sunny nous ait presenté.
Petit echauffement, 2 tours de terrain au pas de course á differente allures, puis un cercle de joueur qui se font des passes. Une touche de balle uniquement pour passer la balle á son voisin, un type au milieu du cercle doit reussir á intercepter le ballon. Si un joueur du cercle touche plus d'une fois la balle, ou laisse le gars du milieu l'intercepter, ce meme joueur malheureux cede sa place á l'intercepteur. Ne touche guere la balle, au sein du cercle comme au milieu.1h30 de match commence : il n'y a pas de gardien, pour marquer un but, il faut toucher un des poteaux de la cage adverse, ce qui rend l'affaire bien plus minutieuse et collective que simplement l'envoyer dans le but.
Le pidgin de football abrégé que crient tes coequipiers :
-Watch out ! : quand tu es seul entouré de defenseurs de l'equipe adverse et qu'un type a l'air determiné á te piquer le ballon arrive á fond la caisse.
-Help you ! (sous entendu : le ciel t'aidera) : quand tu es seul entouré de defenseur de l'equipe adverse, et qu'aucun de tes co-equipier ne vient te tirer de lá.
-Giv'ball ! : il y a une issue pour le ballon.
Les types se charrient souvent par leur nom d'«ethnie« (aime pas le terme mais j'en vois pas d'autre pour designer ces noms d'appartenance culturelle) :
»Ow, Kran iz drunk toda'«
»Akhan, u wana to pass me ze ball or to dribble me ?«
A peu pres deux passes me sont faites pendant toute la durée du match, hum, mais il y a plus d'occasion de toucher la ball en emmerdant les attaquants qui s'approchent trop pres de nos poteaux, specialement le gars qui m'a tendu sa main gauche, wa ha.
Allez, comme vous etes sages, voici quelques expressions bien enlevées tirées du Serbe de poche edition Assimil p.132 (ouh il n'y a pas de respect du copyright c'est mal, mais saluons personnellement les auteurs qui publient les passages suivants) :
»Pour certaines personnes, les jurons sont tellement entrés dans le vocabulaire de tous les jours, qu'ils ont perdu leur sens litteral et qu'il n'ont plus la fonction d'insulter : ils ont souvent un sens neutre, servent de mots bequilles entre deux phrases et peuvent meme exprimer l'amitié ! Par exemple, la phrase KAKO SI, JEBO TE ? dont le mot á mot est »Comment vas-tu, que…(qqn.) te baise ?« est finalement une phrase amicale.«
Suivent quelques jurons :
SRANJE ! = Merde
JEBO TE./JEBI SE. ! = Va te faire foutre
JEBI GA ! = Baise-le (exprime la resignation)
PUŠI KURAC ! = litteralement : fume bite, dont le sens precis reste : suce la bite.
PIČKA TI MATERINA ! = Le con de ta mere.
IDI U PIČKU MATERINU = l'oedipien : Va dans le con de ta mere.
Merci qui ?
mercredi 30 janvier 2008
De Sarajevo suite et fin
020108 Depart auto stop á la station essence la plus proche, une cellule familiale motorisée se rend á l'hopital de Mostar á cause de la gorge de l'enfant.
A la station bus comme train, les anglophones se font rares. Hier soir, á Dobrodošli, un type met la main sur une guitare integralement repeinte les cordes avec en vert de gris metallisé, elle a été oublié par un italien l'été dernier. Dans la piece d'a coté - entendons un perimetre delimité par des draps et des couvertures suspendues - des films defilent :
»Balkankan« sombre drame comique oú un mec et sa femme cherche á enterrer sa mere qu'il conserve dans un bac á glace, avant de la rouler dans un tapis qu'il accroche aux rampes du toit de sa voiture rouge.
Il la perd en route.
Ensuite il y a beaucoup de sang des coups de feu, des scenes de torture au poinçon et les femmes et les enfants ne sont pas du tout epargnés.
Oui c'est decousu parce que je voulais jouer la guitare durant la plupart du film.
»Night in the museum« film americain pour enfants á qui on veut inculquer des valeurs d'americains moyens comme la necessité d'obtenir un travail stable qui conditionne la fierté que doit eprouver un fils envers son pere, assister au match de hockey sur glace auquels participe le gnard ingrat ne suffit pas. Manicheisme primaire des bons qui veulent travailler et gagner de l'argent honnete contre les mechants qui volent et sont faineants, d'ailleurs le seul noir du film est inclus par le scenario dans la deuxieme categorie. L'amour asexué, les indiens autochtones qui s'entendent bien avec les colons parce qu'ils ne les ont pas du tout massacré en les spoliant de leur territoire pour finalement les inviter fortement á rejoindre quelques zones á casinos en compagnie d'eau-de-feu consolatrice.
16h25 Arrivée matinale á Sarajevo la grise hivernale recouverte d'une patinoire de neige noiratre (rancune parce que ai glissé dedans á quelques reprises, c'est froid et humide et sale et le sol est dur). A la poste, il y a des employées désagreables qui ont l'air de reprocher de ne pas parler bosnio-serbo-croate. Curieux, d'anciens distributeurs de confiserie sont reconvertis en presentoir de carte postales, pliées et tordues dans les spirales metalliques de l'appareil. Quelques heures á tourner en vain á la recherche d'une carte de la ville mais tout est fermé. Les immeubles ont mieux cicatrisé qu'á Mostar mais ça sent encore les eclats de bidules explosifs et les impacts de machins perforants. La nuit tombe et pas encore d'hotel choisi. Autour de ma table du Sity Pub, il y a une bande de filles intimidantes que l'on regarde parfois dans les yeux parfois pas. Attend un type qui s'appelle Ibro (version yougoslave du prenom Ibrahim). Ce que je sais de lui au telephone, c'est qu'il a une veste bleue. Alors tout les gens en veste bleue qui entre au Sity Pub dans les twenty minutes qui suivent ont vu quelqu'un mal rasé á la veste noire, au sac á dos orange s'approcher d'eux l'air intrigué avec cette question interessante mais verrouillée : »Are you Ibro ?«.
Il conduit sans l'avouer tout de suite, peut etre á cause de son anglais et de mon bosniaque, dans une guest house quite expensive oú il travaille. Tout á l'heure, en sortant de l'hotel, reconnais une enseigne aperçue durant ma recherche febrile de logement sur Internet. A l'interieur, un jeune type affable et une vieille et, miracle, sur le comptoir un plan complet de la ville. Echange d'infos rudimentaires, puis le type : »If you want girls, go in this direction, ten of them will jump on you.« Comme c'est probablement une allusion á la chair humaine commercialisée dans les rues sombres, que l'éthique la plus elementaire ne tolere pas que l'on puisse dominer et chosifier quelqu'un d'inconnu avec des morceaux de papier, je bafouille un court borborigme incomprehensible qui n'est pas exactement une hasardeuse anglophone manipulation de concepts. La reputation de la mafia locale dans ce domaine n'est apparement plus á faire, de mon ex-partageur de chambré slovene qui dit qu'aller á Sarajevo est une bonne idée car it's cheap you can get a lot of girls there.
A ce propos un film recommandable qui alimentait un debat sur la prostitution lors du festival Ciné droit libre »le papier ne peut pas envelopper la braise« du cineaste cambodgien Rithy Panh. Qui fait que les 2 individus aux cheap girls sont classés dans la categorie connards-connards.
Il y a la boutique de celui qui ne vends que des DVD/CD piratés, il affiche des photos de lui sur une moto aux USA, ou á Sarajevo en compagnie d'un Michael Moore imberbe et souriant. Son enseigne est une fleche peinte sur une authentique guitare bleue humide posée contre le mur au coin de la rue.
03/01 Au cafe Gong oú l'ambiance est cordiale, mal dormi se leve direct au resto d'en face qui est frequenté par beaucoup d'hommes dont des policiers en uniforme. Delicieuse soupe au champignon avec du pain etonnant. Visite errante de boutique d'antiquité oú on peut acquerir de vieux cahiers de philateliste avec meme des timbre de Mauritanie, une figurine de negresses en bois noir sur un socle en forme de coeur scindé en deux partie complementaires, si on les assemble, les plantureuses sont cul á cul genereusement pourvu, des accordeons aux visceres rouillés, des guitares estropiées dont une fabriquée á Zagreb porte une inscription apparente sur la caisse : HAITI. Une grande variété d'insignes Schutz Staffel et nazis en tout genre, des photos de Tito, une porte-manteau mural dont les crochets sont des pattes de biches deshydratées. Dans une librairie bien remplie, des rayons speciaux siege de Sarajevo, des BD des cartes et des guides touristiques exhibiteur de photos sanguinolantes, indiquant comment survivre et comment mourir facilement de 1992 á 1996. Une carte presente la disposition des troupes de l'armée, et des descriptions de divers lieux symboliques lors du siege : principal boulevard baptisé informellement sniper alley , bibliotheque nationale cible de choix brulée avec ses milliers de textes inestimables, des anecdotes diverses qui ne donne pas de sens sur le pourquoi du comment, plus facile de montrer des serbes contre des bosniaques avec des croates quelque part entre les deux, que de tenter de penser des liens et des superpositions d'identités politiques, culturel et ethniques qui rendent le discours sur la situation foutrement delicate á manipuler correctement.
050108 Dejeuner en compagnie de trois sympathiques japonais, l'un deux se cure les oreilles avec un etrange dispositif en metal. Parlotte sur le programme : visite du musée du tunnel: au nez et á la barbe des cinglés et des manipulés par les alchimistes de l'identité au pouvoir, les gens de Sarajevo ont creusé un tunnel au debut du siege de la ville. 800x1x1,60m, en 4 mois, soit une progression de 6,6 m par jour, pas mal sachant que ca veut dire installer des poteaux de soutainement et les rails pour les wagonnets de marchandises, dans les conditions imposées par un blocus avec les snipers et les mortiers qui guettent quand tu vas couper du bois.
Le tunnel a son entrée dans la cave d'une maisonnette de banlieue pres de l'aeroport. Transiteront des vivres des munitions et quelques diplomates chanceux de se tirer de lá. A present, la maison est transformée en musée sans explication, juste des photos, des objets, bidons, brouettes artisanales, wagonnets, reconstitution d'une portion du tunnel, inscription "Pazite, Snajper ! " sur une bache de l'OTAN, des mots doux de plusieurs personnalités politiques dont le ministre delegué aux anciens combattants français, parmis d'autres une photo de Michael Moore qui a ecrit qu'il aimerait esperer voir tout les conflits trouver un terme durant le temps qu'il nous reste á vivre. Il a probablement raison , peut etre sera t'on encore de ce monde pour assister á la grande derniere conviviale fiesta atomique.
Au debut de la visite, un film : »Tunel«, copier coller anarchique d'image de destruction de buildings et d'habitations, de projections de missiles suivis par un long traveling avant eclat lumineux et fumigene quelque part en ville, de gens qui courent dans les rues, dans les tranchées, puis des gars en treillis font passer plein de choses par tunnel. THE END. Tout ça sur fond de musique nappe de synthétiseur année 80 sur rythme tambour militaire, pouah. Durant le trajet en taxi du retour en ville, accomplis un lapsus visuel, un panneau CAR WASH est lu WAR CASH. Ensuite visite du musée national. Devant l'entrée avec l'ami japonais, on rigole sans trop s'expliquer pourquoi, sur le frontispice il y a marqué purement et simplement MUSEUM. On rigolera pareil quand le soir on se dirige vers un pur et simple CITY PUB.
Au musée donc il y a des vestiges grecs, romains, des bijoux et des morceaux d'armes faites d'alliages douteux qui evoquent plus le banko que l'acier, avec tout le respect que doit aux forgerons experimentateurs. Curieusement, les formes de certaines massues ressemblent aux munitions de gros calibres examinées 30 mn auparavant au musée du tunel. Sur des surfaces de pierres, inscriptions en latins et parfois sur des gravures croix, il y a des grafitis d'epoques, comme un chouette bonhomme drôlement stylisé qui a l'air content de lui. Les amis extreme orientaux se laissent peu de repis, á la vitesse d'ouverture de l'objectif des appareils photo sophistiqués, courent de musées en lieux touristiques. Commence á negocier des films piratés vendus en pleine rue, Yutaka fait comprendre en souriant et rentrant la tete dans les epaules : »Toooom, quicklyyy !«.
Les retrouvent au soir pour un dîner oú sera abordé le fait suivant :
Yoichi a acheté une grande quantité d'une specialités culinaires slovene á Ljubljana, un boudin fameux. Voyageant en compagnie de ces mets jusqu'á Zagreb, il tente de les rechauffer en les faisant bouillir. Elles explosent litteralement en degageant une odeur pas appetissante.
Aussi lors de notre rencontre avec Emre, un istamboulois qui heberge en permanence le petit peuple de Couch Surfing et d'Hospitality Club. C'est lui qui m'a mis en lien avec Ibro vu que son propre appartement est constamment plein comme un oeuf de voyageu(r)s(e)s ebouriffé(e)s. »Sometime, a girl writes to me because she wants postcard of Sarajevo for her collection. Anothertime, someone asks if we could have group sex«.
Dans le bus du retour vers Zagreb, le sifflement lancinant du vent au contact du bus ou le recepteur radio qui se plaint de ne rien capter ou si mal, les haut-parleurs individuels crachent des notes egarées dans un bruit blanc, le potard de volume fait jolie sans plus. Trajet noir et blanc et jaune blafard des ampoules du bus. Arret manger boire pisser dans un bar restaurant, un type revient d'une visite chez sa mere en Bosnie, sa femme et ses enfants sont au Tyrol autrichien. Il parle bosnio serbo croate et l'allemand, etonnement lors de l'exhumation d'un cadavre germanique de Langue Vivante 1 en etat de decomposition avancée, jadis inculqué á l'ecole, son maniement permet un zeste de comprehension. Il est technicien au Tyrol pour le 3e groupe industriel mondial de ?? mais ça a á voir avec les trains. Avant il pratiquait le football mais eh ! le jogging et la natation c'est bon pour la Gesundheit. Il a l'air bougrement sympathique car il sourit beaucoup á tout le monde. Commandons un čevapi : une population de petites creatures hybrides entre la saucisse et la boulette de viande, pataugeant dans un substrat surgras, enveloppée de pain type kebab. Derriere, le chauffeur du bus, enorme ventru, ne fait que parler obstinement en ma direction en bosniaque rapide. Apres lui avoir fait comprendre un certain temps que ne-razumijem-govorim-francozko-in-angleško, contre attaque avec une salve de ouais-et-si-je-parle-en-français-nous-voila-bien-avancé-hein. Silence. Un type au fond de la salle lance : »viens t'assoir parler« avec un accent inconnu, melange de suisse francophone et de slave. Il dit qu'il a un rendez vous nocturne, que son camion est garé á côté et n'ai pas envie d'aller plus loin dans cette direction, il y aura une allusion au filles bosniaques avec la langue, comme apres quand le conducteur de bus gigotera á table en mimant un coit, pour signifier argument touristique majeur de Sarajevo. Borborigme etranglé de ma part qui signifie quand á lui : connard-connard.
A la station bus comme train, les anglophones se font rares. Hier soir, á Dobrodošli, un type met la main sur une guitare integralement repeinte les cordes avec en vert de gris metallisé, elle a été oublié par un italien l'été dernier. Dans la piece d'a coté - entendons un perimetre delimité par des draps et des couvertures suspendues - des films defilent :
»Balkankan« sombre drame comique oú un mec et sa femme cherche á enterrer sa mere qu'il conserve dans un bac á glace, avant de la rouler dans un tapis qu'il accroche aux rampes du toit de sa voiture rouge.
Il la perd en route.
Ensuite il y a beaucoup de sang des coups de feu, des scenes de torture au poinçon et les femmes et les enfants ne sont pas du tout epargnés.
Oui c'est decousu parce que je voulais jouer la guitare durant la plupart du film.
»Night in the museum« film americain pour enfants á qui on veut inculquer des valeurs d'americains moyens comme la necessité d'obtenir un travail stable qui conditionne la fierté que doit eprouver un fils envers son pere, assister au match de hockey sur glace auquels participe le gnard ingrat ne suffit pas. Manicheisme primaire des bons qui veulent travailler et gagner de l'argent honnete contre les mechants qui volent et sont faineants, d'ailleurs le seul noir du film est inclus par le scenario dans la deuxieme categorie. L'amour asexué, les indiens autochtones qui s'entendent bien avec les colons parce qu'ils ne les ont pas du tout massacré en les spoliant de leur territoire pour finalement les inviter fortement á rejoindre quelques zones á casinos en compagnie d'eau-de-feu consolatrice.
16h25 Arrivée matinale á Sarajevo la grise hivernale recouverte d'une patinoire de neige noiratre (rancune parce que ai glissé dedans á quelques reprises, c'est froid et humide et sale et le sol est dur). A la poste, il y a des employées désagreables qui ont l'air de reprocher de ne pas parler bosnio-serbo-croate. Curieux, d'anciens distributeurs de confiserie sont reconvertis en presentoir de carte postales, pliées et tordues dans les spirales metalliques de l'appareil. Quelques heures á tourner en vain á la recherche d'une carte de la ville mais tout est fermé. Les immeubles ont mieux cicatrisé qu'á Mostar mais ça sent encore les eclats de bidules explosifs et les impacts de machins perforants. La nuit tombe et pas encore d'hotel choisi. Autour de ma table du Sity Pub, il y a une bande de filles intimidantes que l'on regarde parfois dans les yeux parfois pas. Attend un type qui s'appelle Ibro (version yougoslave du prenom Ibrahim). Ce que je sais de lui au telephone, c'est qu'il a une veste bleue. Alors tout les gens en veste bleue qui entre au Sity Pub dans les twenty minutes qui suivent ont vu quelqu'un mal rasé á la veste noire, au sac á dos orange s'approcher d'eux l'air intrigué avec cette question interessante mais verrouillée : »Are you Ibro ?«.
Il conduit sans l'avouer tout de suite, peut etre á cause de son anglais et de mon bosniaque, dans une guest house quite expensive oú il travaille. Tout á l'heure, en sortant de l'hotel, reconnais une enseigne aperçue durant ma recherche febrile de logement sur Internet. A l'interieur, un jeune type affable et une vieille et, miracle, sur le comptoir un plan complet de la ville. Echange d'infos rudimentaires, puis le type : »If you want girls, go in this direction, ten of them will jump on you.« Comme c'est probablement une allusion á la chair humaine commercialisée dans les rues sombres, que l'éthique la plus elementaire ne tolere pas que l'on puisse dominer et chosifier quelqu'un d'inconnu avec des morceaux de papier, je bafouille un court borborigme incomprehensible qui n'est pas exactement une hasardeuse anglophone manipulation de concepts. La reputation de la mafia locale dans ce domaine n'est apparement plus á faire, de mon ex-partageur de chambré slovene qui dit qu'aller á Sarajevo est une bonne idée car it's cheap you can get a lot of girls there.
A ce propos un film recommandable qui alimentait un debat sur la prostitution lors du festival Ciné droit libre »le papier ne peut pas envelopper la braise« du cineaste cambodgien Rithy Panh. Qui fait que les 2 individus aux cheap girls sont classés dans la categorie connards-connards.
Il y a la boutique de celui qui ne vends que des DVD/CD piratés, il affiche des photos de lui sur une moto aux USA, ou á Sarajevo en compagnie d'un Michael Moore imberbe et souriant. Son enseigne est une fleche peinte sur une authentique guitare bleue humide posée contre le mur au coin de la rue.
03/01 Au cafe Gong oú l'ambiance est cordiale, mal dormi se leve direct au resto d'en face qui est frequenté par beaucoup d'hommes dont des policiers en uniforme. Delicieuse soupe au champignon avec du pain etonnant. Visite errante de boutique d'antiquité oú on peut acquerir de vieux cahiers de philateliste avec meme des timbre de Mauritanie, une figurine de negresses en bois noir sur un socle en forme de coeur scindé en deux partie complementaires, si on les assemble, les plantureuses sont cul á cul genereusement pourvu, des accordeons aux visceres rouillés, des guitares estropiées dont une fabriquée á Zagreb porte une inscription apparente sur la caisse : HAITI. Une grande variété d'insignes Schutz Staffel et nazis en tout genre, des photos de Tito, une porte-manteau mural dont les crochets sont des pattes de biches deshydratées. Dans une librairie bien remplie, des rayons speciaux siege de Sarajevo, des BD des cartes et des guides touristiques exhibiteur de photos sanguinolantes, indiquant comment survivre et comment mourir facilement de 1992 á 1996. Une carte presente la disposition des troupes de l'armée, et des descriptions de divers lieux symboliques lors du siege : principal boulevard baptisé informellement sniper alley , bibliotheque nationale cible de choix brulée avec ses milliers de textes inestimables, des anecdotes diverses qui ne donne pas de sens sur le pourquoi du comment, plus facile de montrer des serbes contre des bosniaques avec des croates quelque part entre les deux, que de tenter de penser des liens et des superpositions d'identités politiques, culturel et ethniques qui rendent le discours sur la situation foutrement delicate á manipuler correctement.
050108 Dejeuner en compagnie de trois sympathiques japonais, l'un deux se cure les oreilles avec un etrange dispositif en metal. Parlotte sur le programme : visite du musée du tunnel: au nez et á la barbe des cinglés et des manipulés par les alchimistes de l'identité au pouvoir, les gens de Sarajevo ont creusé un tunnel au debut du siege de la ville. 800x1x1,60m, en 4 mois, soit une progression de 6,6 m par jour, pas mal sachant que ca veut dire installer des poteaux de soutainement et les rails pour les wagonnets de marchandises, dans les conditions imposées par un blocus avec les snipers et les mortiers qui guettent quand tu vas couper du bois.
Le tunnel a son entrée dans la cave d'une maisonnette de banlieue pres de l'aeroport. Transiteront des vivres des munitions et quelques diplomates chanceux de se tirer de lá. A present, la maison est transformée en musée sans explication, juste des photos, des objets, bidons, brouettes artisanales, wagonnets, reconstitution d'une portion du tunnel, inscription "Pazite, Snajper ! " sur une bache de l'OTAN, des mots doux de plusieurs personnalités politiques dont le ministre delegué aux anciens combattants français, parmis d'autres une photo de Michael Moore qui a ecrit qu'il aimerait esperer voir tout les conflits trouver un terme durant le temps qu'il nous reste á vivre. Il a probablement raison , peut etre sera t'on encore de ce monde pour assister á la grande derniere conviviale fiesta atomique.
Au debut de la visite, un film : »Tunel«, copier coller anarchique d'image de destruction de buildings et d'habitations, de projections de missiles suivis par un long traveling avant eclat lumineux et fumigene quelque part en ville, de gens qui courent dans les rues, dans les tranchées, puis des gars en treillis font passer plein de choses par tunnel. THE END. Tout ça sur fond de musique nappe de synthétiseur année 80 sur rythme tambour militaire, pouah. Durant le trajet en taxi du retour en ville, accomplis un lapsus visuel, un panneau CAR WASH est lu WAR CASH. Ensuite visite du musée national. Devant l'entrée avec l'ami japonais, on rigole sans trop s'expliquer pourquoi, sur le frontispice il y a marqué purement et simplement MUSEUM. On rigolera pareil quand le soir on se dirige vers un pur et simple CITY PUB.
Au musée donc il y a des vestiges grecs, romains, des bijoux et des morceaux d'armes faites d'alliages douteux qui evoquent plus le banko que l'acier, avec tout le respect que doit aux forgerons experimentateurs. Curieusement, les formes de certaines massues ressemblent aux munitions de gros calibres examinées 30 mn auparavant au musée du tunel. Sur des surfaces de pierres, inscriptions en latins et parfois sur des gravures croix, il y a des grafitis d'epoques, comme un chouette bonhomme drôlement stylisé qui a l'air content de lui. Les amis extreme orientaux se laissent peu de repis, á la vitesse d'ouverture de l'objectif des appareils photo sophistiqués, courent de musées en lieux touristiques. Commence á negocier des films piratés vendus en pleine rue, Yutaka fait comprendre en souriant et rentrant la tete dans les epaules : »Toooom, quicklyyy !«.
Les retrouvent au soir pour un dîner oú sera abordé le fait suivant :
Yoichi a acheté une grande quantité d'une specialités culinaires slovene á Ljubljana, un boudin fameux. Voyageant en compagnie de ces mets jusqu'á Zagreb, il tente de les rechauffer en les faisant bouillir. Elles explosent litteralement en degageant une odeur pas appetissante.
Aussi lors de notre rencontre avec Emre, un istamboulois qui heberge en permanence le petit peuple de Couch Surfing et d'Hospitality Club. C'est lui qui m'a mis en lien avec Ibro vu que son propre appartement est constamment plein comme un oeuf de voyageu(r)s(e)s ebouriffé(e)s. »Sometime, a girl writes to me because she wants postcard of Sarajevo for her collection. Anothertime, someone asks if we could have group sex«.
Dans le bus du retour vers Zagreb, le sifflement lancinant du vent au contact du bus ou le recepteur radio qui se plaint de ne rien capter ou si mal, les haut-parleurs individuels crachent des notes egarées dans un bruit blanc, le potard de volume fait jolie sans plus. Trajet noir et blanc et jaune blafard des ampoules du bus. Arret manger boire pisser dans un bar restaurant, un type revient d'une visite chez sa mere en Bosnie, sa femme et ses enfants sont au Tyrol autrichien. Il parle bosnio serbo croate et l'allemand, etonnement lors de l'exhumation d'un cadavre germanique de Langue Vivante 1 en etat de decomposition avancée, jadis inculqué á l'ecole, son maniement permet un zeste de comprehension. Il est technicien au Tyrol pour le 3e groupe industriel mondial de ?? mais ça a á voir avec les trains. Avant il pratiquait le football mais eh ! le jogging et la natation c'est bon pour la Gesundheit. Il a l'air bougrement sympathique car il sourit beaucoup á tout le monde. Commandons un čevapi : une population de petites creatures hybrides entre la saucisse et la boulette de viande, pataugeant dans un substrat surgras, enveloppée de pain type kebab. Derriere, le chauffeur du bus, enorme ventru, ne fait que parler obstinement en ma direction en bosniaque rapide. Apres lui avoir fait comprendre un certain temps que ne-razumijem-govorim-francozko-in-angleško, contre attaque avec une salve de ouais-et-si-je-parle-en-français-nous-voila-bien-avancé-hein. Silence. Un type au fond de la salle lance : »viens t'assoir parler« avec un accent inconnu, melange de suisse francophone et de slave. Il dit qu'il a un rendez vous nocturne, que son camion est garé á côté et n'ai pas envie d'aller plus loin dans cette direction, il y aura une allusion au filles bosniaques avec la langue, comme apres quand le conducteur de bus gigotera á table en mimant un coit, pour signifier argument touristique majeur de Sarajevo. Borborigme etranglé de ma part qui signifie quand á lui : connard-connard.
mercredi 16 janvier 2008
BLABLEBLU parfois BLI Blues
Au Rog, dans une piece toute en longueur, il y a ce mercredi 09/01 une »jam session« avec les musicien(ne)s errant(e)s. Lors de l'arrivee, ils ont deja commencé et c'est pas terrible musicalement parlant, la maitrise des instruments ne permet pas de depasser un cycle de 3 accords, ou d'aborder des rythmes autres que trainants. Retrouve avec plaisir un des rastamen rouleur de cigarrL-L-Lettes, il est toujours avec le sourire et ces 3 accords reggae qu'il joue en ordre aleatoire sur rythme lent contretemps. Ca lui demande une concentration incroyable donc il n'ecoute pas trop ce que font les autres qui l'accompagnent, me demande s'il ecoute parfois ce qu'il joue, mais il est sympa comme tout alors on lui en veut pas.
Il y a un type á la contrebasse qui ressemble á la sagesse avec une grosse barbe noire frisée qui a la meme ampleur que ses gros cheveux noirs frisés, il parle lentement l'anglais, le slovene et le francais au choix, il y a beaucoup de hey man qu'il ne place pas que dans ses phrases anglo-saxonnes. Lui a plus l'habitude de jouer avec d'autres gens et il connait penser la musique improvisée, sa contrebasse est un miracle qu'on se demande pourquoi elle ne s'est pas encore ouverte comme une fleur tellement elle a été malmenée. Il y a un arrangement serre-joint/carton eternellement temporaire qui maintient solidaire la caisse de resonnance. Mais il la joue et sais en tirer des trucs.
Une saxophoniste se joint á nous, on commence á faire quelque chose sans regles particuliere. A un moment la sagesse demande quel titre on donne au produit sonore, le rastaman slovene repond du tac au tac »Scary mouse«. A la fin de l'oeuvre, la sagesse m'avoue avoir jouer »scared mouse« ce qui pourrait expliquer l'etrangeté du resultat. Il y a un grand mec ivre avec un bonnet qui a une belle voix, qu'on tente parfois d'accompagner dans son delire notamment un blues aux paroles profondes : bla, ble, et blu, parfois bli mais c'est plus rare. Il nous serre dans ses bras á la fin.
La guitare manouche avec son micro Stimer qui lui donne des airs de grille pain en bois continue son histoire sans moi, elle est partie dans un mysterieux taxi vers ne sais quelle destination, destinataire qui doit la trouver bien dure á jouer egalement. A moins que le type n'y connaisse rien et qu'il tente de monter des cordes pour guitare folk, le resultat ne sera sans doute pas terrible et il s'en debarassera pour une centaine d'euros.
Car en rentrant du Rog á 2 heurs du matin, je prends un taxi, le conducteur est une jeune type grand mince qui hurle des chansons slovenes en conduisant comme un malade. En me deposant, le paye en oubliant la guitare sur la banquette arriere, a peine refermé la porte qu'il demarre en trombe, realise 15 seconde plus tard que je suis con. N'ais meme pas la consolation de me dire que j'etais saoul.
Bien sur telephone aux compagnies de taxi, mais n'ai pas d'info autre que description vague de la voiture et du conducteur, sans numero, sans info fiable. Pensons á autre chose.
Il y a un type á la contrebasse qui ressemble á la sagesse avec une grosse barbe noire frisée qui a la meme ampleur que ses gros cheveux noirs frisés, il parle lentement l'anglais, le slovene et le francais au choix, il y a beaucoup de hey man qu'il ne place pas que dans ses phrases anglo-saxonnes. Lui a plus l'habitude de jouer avec d'autres gens et il connait penser la musique improvisée, sa contrebasse est un miracle qu'on se demande pourquoi elle ne s'est pas encore ouverte comme une fleur tellement elle a été malmenée. Il y a un arrangement serre-joint/carton eternellement temporaire qui maintient solidaire la caisse de resonnance. Mais il la joue et sais en tirer des trucs.
Une saxophoniste se joint á nous, on commence á faire quelque chose sans regles particuliere. A un moment la sagesse demande quel titre on donne au produit sonore, le rastaman slovene repond du tac au tac »Scary mouse«. A la fin de l'oeuvre, la sagesse m'avoue avoir jouer »scared mouse« ce qui pourrait expliquer l'etrangeté du resultat. Il y a un grand mec ivre avec un bonnet qui a une belle voix, qu'on tente parfois d'accompagner dans son delire notamment un blues aux paroles profondes : bla, ble, et blu, parfois bli mais c'est plus rare. Il nous serre dans ses bras á la fin.
La guitare manouche avec son micro Stimer qui lui donne des airs de grille pain en bois continue son histoire sans moi, elle est partie dans un mysterieux taxi vers ne sais quelle destination, destinataire qui doit la trouver bien dure á jouer egalement. A moins que le type n'y connaisse rien et qu'il tente de monter des cordes pour guitare folk, le resultat ne sera sans doute pas terrible et il s'en debarassera pour une centaine d'euros.
Car en rentrant du Rog á 2 heurs du matin, je prends un taxi, le conducteur est une jeune type grand mince qui hurle des chansons slovenes en conduisant comme un malade. En me deposant, le paye en oubliant la guitare sur la banquette arriere, a peine refermé la porte qu'il demarre en trombe, realise 15 seconde plus tard que je suis con. N'ais meme pas la consolation de me dire que j'etais saoul.
Bien sur telephone aux compagnies de taxi, mais n'ai pas d'info autre que description vague de la voiture et du conducteur, sans numero, sans info fiable. Pensons á autre chose.
mardi 15 janvier 2008
WERK 9 1888
Les notes prises les soirées precedentes sont tres difficiles á lire, pas facile d'ecrire assis en equilibre sur l'obituaire qui fait face au concert.
A 12 heure, marche en direction d'un chateau posé haut sur une montagne éloignée. Longe longuement le grillage d'une zone d'aviation militaire, contemple un petit avion maintenant decoratifs aux ailes abimés, traverse un vaste etendu de terre crue entourée de grillage, progresse lentement en direction d'un jeune gardien dont le chien mal dressé me fait la fete tandis que son maitre ouvre la porte de sortie, des jeunes jouent au foot sur le bitume entouré de detritus qui crament parfois, ascencion longue, des restes de moutons, des barbelés, des vergers, des rochers explosés forment la surface de la montagne.
Y suis, visite du batiment par endroit éventré qui laisse voir de l'interieur, de beaux cadrages de Mostar et sa riviere. Suis un haut chemin á flanc de montagne il y a bientot une stele oú est gravé
SPABAT
Prevodilac interprete
MIRKO MIKULIĆ
Pogino 22.05.94 U KOČINAMA
Sur une autre face á la meme date :
FERNANDO CASAS MARTIN
Narednik
Retour en pente forte, des gens debout á coté de leur camionnette regardent bruler des trucs rassemblés par leur soins, un vieux energique fent du bois á la hache, deux fillettes rigolantes font exploser des petards, la voie ferrée oú un chiot couine gaiement, un chat mort devant le portail d'une maison vidée. Hasard les types de Dobrodošli klaxonnent et s'arrete en apercevant le français qui marche depuis longtemps le long de la route, le ramene au pays des chiens heureux. Le grand mec calme pacifique me dit »austro-hungarian castle«. Le titre de cette publication est l'inscription qui figure sur le frontispice de ce batiment.
A 12 heure, marche en direction d'un chateau posé haut sur une montagne éloignée. Longe longuement le grillage d'une zone d'aviation militaire, contemple un petit avion maintenant decoratifs aux ailes abimés, traverse un vaste etendu de terre crue entourée de grillage, progresse lentement en direction d'un jeune gardien dont le chien mal dressé me fait la fete tandis que son maitre ouvre la porte de sortie, des jeunes jouent au foot sur le bitume entouré de detritus qui crament parfois, ascencion longue, des restes de moutons, des barbelés, des vergers, des rochers explosés forment la surface de la montagne.
Y suis, visite du batiment par endroit éventré qui laisse voir de l'interieur, de beaux cadrages de Mostar et sa riviere. Suis un haut chemin á flanc de montagne il y a bientot une stele oú est gravé
SPABAT
Prevodilac interprete
MIRKO MIKULIĆ
Pogino 22.05.94 U KOČINAMA
Sur une autre face á la meme date :
FERNANDO CASAS MARTIN
Narednik
Retour en pente forte, des gens debout á coté de leur camionnette regardent bruler des trucs rassemblés par leur soins, un vieux energique fent du bois á la hache, deux fillettes rigolantes font exploser des petards, la voie ferrée oú un chiot couine gaiement, un chat mort devant le portail d'une maison vidée. Hasard les types de Dobrodošli klaxonnent et s'arrete en apercevant le français qui marche depuis longtemps le long de la route, le ramene au pays des chiens heureux. Le grand mec calme pacifique me dit »austro-hungarian castle«. Le titre de cette publication est l'inscription qui figure sur le frontispice de ce batiment.
De New Year's Eve et de gribouillis
31/12/07 23h05
Sur Main square de Mostar, á coté de jeunes types imbibés jusqu'á la moelle qui crient »Mario !« en agitant les cheveux. Derriere il y a un cours de sociologie geant pleins d'interactions assez determinés entre les gens rassemblés lá . Ne sait quel energumene a organisé la soirée mais sur l'ecran geant defile en boucle une publicité pour M:TEL oú le pere noel Coca Cola rouge distribue des abonnements telephoniques aux enfants sage. Trop pres des enceintes, dois reculer. Il y a des gens avec les keffieh palestinien, d'autres avec les signe berbere qui m'explique la signification en designant l'Afrique du Sud. Des vigiles peu avenants aux gilets jaunes fluos se postent derriere la barriere. Un type ecrit quelque chose dans le carnet :
AND HERE I COME, HARA FROM MOSTARA TONIGHT IS CRAZY, HALF DRUNK, ON MAIN SQUARE-MOSTAR, 2C°…KEEP UP THE NIGHT !!
Arriere plan, des immeubles tres abimés, on dirait qu'ils ont attrapé une varicelle mechamment grattée par les bombardements de 1993 ils ressemblent á des monstres immobiles prets á vous balancer leur gros blocs inertes sur le coin. Le premier groupe de la soirée entame et c'est sacrement bon. En arriere de la voix enchanteresse, une publicité visuelle présentant la nouvelle gamme de telephone Ericsson. Hypnose, conscience ?
Il y a beaucoup de vent qui emporte immediatement la fumée produite sur scene par les machines, les ballons accrochés aux échaffaudages menent la vie dure aux liens qui les retiennent aux barres d'acier. Une proportion de peuple non negligeable porte le bonnet du pere Noel Coca Cola rouge qui luit dan la nuit depuis qu'on lui a adjoint le systeme miniaturisé. Tout cela soigneusement encadré par la Policija.
Un type cause mais tout est couvert par le son tonitruant, me sert du carnet pour ecrire NE RAZUMIJEM !
Il s'en empare pour retorquer
I UNDERSTAND YOU MY BROTHER ! SOMETIMES WE ALL JEE(illisible)H TO UNDERSTAND NOTHING BUT MUSIC
Puis d'autres mots slaves gribouillés remplissent le carnets, un dessin d'un homme qui fume et picole assis aux toilettes puis des gribouillis comme dans nos tetes.
01/01/08
Le jour se leve, il y a une fille qui dit avoir une speciale connection with the french people, la lumiere dans le batiment OKC est toujours rouge, á l'etage des types gisent sur des matelas disposés á cet effet. Suivi le specialiste du peuple kabyle qui conduit á son antre : un algeco sur le toit du batiment oú il y a un livre d'anatomie, un gars entre et s'abat sans commentaire sur un canapé.
Sur Main square de Mostar, á coté de jeunes types imbibés jusqu'á la moelle qui crient »Mario !« en agitant les cheveux. Derriere il y a un cours de sociologie geant pleins d'interactions assez determinés entre les gens rassemblés lá . Ne sait quel energumene a organisé la soirée mais sur l'ecran geant defile en boucle une publicité pour M:TEL oú le pere noel Coca Cola rouge distribue des abonnements telephoniques aux enfants sage. Trop pres des enceintes, dois reculer. Il y a des gens avec les keffieh palestinien, d'autres avec les signe berbere qui m'explique la signification en designant l'Afrique du Sud. Des vigiles peu avenants aux gilets jaunes fluos se postent derriere la barriere. Un type ecrit quelque chose dans le carnet :
AND HERE I COME, HARA FROM MOSTARA TONIGHT IS CRAZY, HALF DRUNK, ON MAIN SQUARE-MOSTAR, 2C°…KEEP UP THE NIGHT !!
Arriere plan, des immeubles tres abimés, on dirait qu'ils ont attrapé une varicelle mechamment grattée par les bombardements de 1993 ils ressemblent á des monstres immobiles prets á vous balancer leur gros blocs inertes sur le coin. Le premier groupe de la soirée entame et c'est sacrement bon. En arriere de la voix enchanteresse, une publicité visuelle présentant la nouvelle gamme de telephone Ericsson. Hypnose, conscience ?
Il y a beaucoup de vent qui emporte immediatement la fumée produite sur scene par les machines, les ballons accrochés aux échaffaudages menent la vie dure aux liens qui les retiennent aux barres d'acier. Une proportion de peuple non negligeable porte le bonnet du pere Noel Coca Cola rouge qui luit dan la nuit depuis qu'on lui a adjoint le systeme miniaturisé. Tout cela soigneusement encadré par la Policija.
Un type cause mais tout est couvert par le son tonitruant, me sert du carnet pour ecrire NE RAZUMIJEM !
Il s'en empare pour retorquer
I UNDERSTAND YOU MY BROTHER ! SOMETIMES WE ALL JEE(illisible)H TO UNDERSTAND NOTHING BUT MUSIC
Puis d'autres mots slaves gribouillés remplissent le carnets, un dessin d'un homme qui fume et picole assis aux toilettes puis des gribouillis comme dans nos tetes.
01/01/08
Le jour se leve, il y a une fille qui dit avoir une speciale connection with the french people, la lumiere dans le batiment OKC est toujours rouge, á l'etage des types gisent sur des matelas disposés á cet effet. Suivi le specialiste du peuple kabyle qui conduit á son antre : un algeco sur le toit du batiment oú il y a un livre d'anatomie, un gars entre et s'abat sans commentaire sur un canapé.
De par devers Mostar
Des éléments d'actualités á la hauteur des ambitions des journaux gratuits, une fois qu'on s'est lassé de la poitrine du jour : un général croate censé etre assigné á résidence vu qu'il comparait pour crime de guerre au Tribunal International de l'Ex-Yougoslavie, se retrouve photographié en treilli en compagnie d'une petite bande de chasseurs parmi lesquelles figure un ministre souriant posant au pied de leur trophée massacre de sangliers. En Bosnie, 3 star de sitcom en vogue se retrouvent mort dans un commun accident de voiture. Bien sur, si vous voulez des informations dignes de ce nom, allez profiter des traductions d'articles et de multiples liens sur
http://balkans.courriers.info/
Arrivée de nuit á Mostar. Sur la route, Bojan nous raconte des anecdotes impliquants des connaissances et des morceaux de produits illicites :
- Un jeune type dealer debutant tente de passer son permis de conduire, son professeur de conduite lui achete un kilogramme de marijuana. Suite á la transaction, ce meme acheteur refuse de repondre au telephone lors des appels repetés du vendeur pour ne pas avoir á le payer, et l'apprenti dealer conducteur de ne pas pouvoir terminer ses formations, et de devoir trouver une explication pour repondre aux interrogations repetées de ses parents et de ses fournisseurs.
- 2 gars et leur cargaison de quelques centaines de grammes sont attendus par la police. Sentant l'interpellation, celui qui a le sens de l'improvisation ingere son morceau pour le cacher dans son estomac. Mais l'autre n'y consent donc ils vont tous deux passer quelques heures en prison sans toucher 10000 kunes (monnaie croate). Dans la cellule, l'improvisateur a le cerveau attaqué par la quantité massive dissoute par ses sucs gastriques et devient á peu pres fou. L'autre s'agenouille au milieu de la cellule et se met á crier une priere catholique á plein poumon.
Garé á Mostar, quelques centaines de metres á pieds au milieu de reconstructions greffées sur des ruines cribblées de traces de mortiers et d'autres elements brillament etudiés par des types payés pour.
30/12/07 Arrivée á Ortijes, banlieue rurale de Mostar, oú nous sommes nuitamment accueillis par un grand gars begue d'une gentillesse desarmante, une cohorte de 3 generations successives de chiens et chats affectueux.
A Mostar, dans la place OKC (http://www.okcabrasevic.org/) oú circule une part des jeunes activistes de Bosnie Herzegovine. Dans la bande, il y a un qui porte un T-shirt mentionnant de haut en bas »one tequila, two tequila, three tequila, floor«, depassons le score sans pour autant atteindre le floor annoncé. Il y a des etageres sur lesquelles reposent des livres dont »Chaos and communication«. Une selection internationale d'ecrits, 2 auteurs habitants Marseille ecrivent en francais :
Une evoque le phémomene qui truicide beaucoup en Palestine/Israel, l'autre raconte une fiction (?) : en 2016, les USA invente un virus qui repand la culture et l'identité de l'americain moyen, plaisante description de peuples se reunissant pour de copieuses sessions barbecues/tondeuses á pelouse de jardin. Contre offensive de l' U.E. qui repand l'allemand et le francais, d'ou creation d'hybrides bizarres.
31/12/07 Petit dejeuner ensoleillé de café lait sucré et petits beurres attablés dehors sur le grand terrain dégagé de »Dobrodošli«, 3 maisonnettes construites par les types qui les habitent. Des chiens, des chats et des poulets un peu partout, étalés au soleil les yeux mi-clos tandis que les conversations en bosnio-croates battent leur plein. Un ciel bleu clair limité par les sommets enneigés environnant, du soleil qui permet d'etre en Tshirt sans rire mais pas trop longtemps. Une poule se pointe et picore les reliefs dans une des gamelles.
Promenade dans les environs, sur un sentier de terre gelée humide, au milieu d'un paysage gris sec de vignes sans feuilles, de maisons eparses en reconstruction, de maisons détruites aux interieurs brulées dont les voisins utilisent fenetre, cables et interrupteurs electriques. Revue du centre historique de Mostar, de son pont reconstruit tout neuf classé á l'UNESCO, du cadre constitué de maisons en pierre auxquelles ont a tenté de redonner la forme d'antan.
http://balkans.courriers.info/
Arrivée de nuit á Mostar. Sur la route, Bojan nous raconte des anecdotes impliquants des connaissances et des morceaux de produits illicites :
- Un jeune type dealer debutant tente de passer son permis de conduire, son professeur de conduite lui achete un kilogramme de marijuana. Suite á la transaction, ce meme acheteur refuse de repondre au telephone lors des appels repetés du vendeur pour ne pas avoir á le payer, et l'apprenti dealer conducteur de ne pas pouvoir terminer ses formations, et de devoir trouver une explication pour repondre aux interrogations repetées de ses parents et de ses fournisseurs.
- 2 gars et leur cargaison de quelques centaines de grammes sont attendus par la police. Sentant l'interpellation, celui qui a le sens de l'improvisation ingere son morceau pour le cacher dans son estomac. Mais l'autre n'y consent donc ils vont tous deux passer quelques heures en prison sans toucher 10000 kunes (monnaie croate). Dans la cellule, l'improvisateur a le cerveau attaqué par la quantité massive dissoute par ses sucs gastriques et devient á peu pres fou. L'autre s'agenouille au milieu de la cellule et se met á crier une priere catholique á plein poumon.
Garé á Mostar, quelques centaines de metres á pieds au milieu de reconstructions greffées sur des ruines cribblées de traces de mortiers et d'autres elements brillament etudiés par des types payés pour.
30/12/07 Arrivée á Ortijes, banlieue rurale de Mostar, oú nous sommes nuitamment accueillis par un grand gars begue d'une gentillesse desarmante, une cohorte de 3 generations successives de chiens et chats affectueux.
A Mostar, dans la place OKC (http://www.okcabrasevic.org/) oú circule une part des jeunes activistes de Bosnie Herzegovine. Dans la bande, il y a un qui porte un T-shirt mentionnant de haut en bas »one tequila, two tequila, three tequila, floor«, depassons le score sans pour autant atteindre le floor annoncé. Il y a des etageres sur lesquelles reposent des livres dont »Chaos and communication«. Une selection internationale d'ecrits, 2 auteurs habitants Marseille ecrivent en francais :
Une evoque le phémomene qui truicide beaucoup en Palestine/Israel, l'autre raconte une fiction (?) : en 2016, les USA invente un virus qui repand la culture et l'identité de l'americain moyen, plaisante description de peuples se reunissant pour de copieuses sessions barbecues/tondeuses á pelouse de jardin. Contre offensive de l' U.E. qui repand l'allemand et le francais, d'ou creation d'hybrides bizarres.
31/12/07 Petit dejeuner ensoleillé de café lait sucré et petits beurres attablés dehors sur le grand terrain dégagé de »Dobrodošli«, 3 maisonnettes construites par les types qui les habitent. Des chiens, des chats et des poulets un peu partout, étalés au soleil les yeux mi-clos tandis que les conversations en bosnio-croates battent leur plein. Un ciel bleu clair limité par les sommets enneigés environnant, du soleil qui permet d'etre en Tshirt sans rire mais pas trop longtemps. Une poule se pointe et picore les reliefs dans une des gamelles.
Promenade dans les environs, sur un sentier de terre gelée humide, au milieu d'un paysage gris sec de vignes sans feuilles, de maisons eparses en reconstruction, de maisons détruites aux interieurs brulées dont les voisins utilisent fenetre, cables et interrupteurs electriques. Revue du centre historique de Mostar, de son pont reconstruit tout neuf classé á l'UNESCO, du cadre constitué de maisons en pierre auxquelles ont a tenté de redonner la forme d'antan.
mardi 8 janvier 2008
De migration en Croatie
28/12/07 Dans le bus 115 qui mene chez Niko. Dans la bibliotheque de l'appart de sa mere : un double d'un livre de theorie marxiste leniniste, un livre intitulé »Oustachis, ministere de la mort«, un livre d'astrologie, une apologie voire hagiographie de Tito, la Bible. Le grand pere etait un oustachi criminel fervent qui sentant le vent tourner en faveur des Partisans, se converti vite fait aux ideaux au pouvoir. Il se marie bientôt avec une femme appartenant a la communauté qu'il massacrait peu auparavant. Mystere de l'Homme. Sortie pédestre á visiter quelques traces de Zagreb, au menu :
des endroits oů les gens vendent des trucs, antiquaire oů il y a des miniatures chinoises, un étui á lunette en cuir de reptile contenant de petites lunettes brisées. Librairies pour voir quels genre d'idées on diffuse par lá, tres peu de BD. Visite á la cathédrale. Au devant, il y a une reproduction grandeur nature de scene biblique. Sur musique new-age, un type habillé en caricature des temps anciens se gele les parties (car il fait tres froid á Zagreb) au coin d'un feu. Un commentaire tandis que le type se leve, pour respecter le timing des explications orales traverse á pas lent le faux pont installé pour l'occasion, il sort une fausse flűte et fait semblant de jouer un air que tonitrue les hauts parleurs. Autour, les filles et les garçons payés pour faire les pitres habillés comme l'autre, attendent leur signal d'entrée en rigolant. Ca y est, tout le monde simule l'animation d'un faux marché, le forgeron tape un marteau sur une enclume en rythme sur un arrangement de Shalom alerem. Tout le monde tape lourdement des mains en évitant soigneusement le contre temps qu'essaie désespérement de souligner la bande son. Alors Marie et Joseph se pointent, ils sont accueillis aupres du feu oů 2 types les convient á se geler les parties en commun. Un judéen sort un micro et interview Joseph, je me casse. Il y a aussi depuis peu, une vague de journaux gratuits qui envahissent les transports en commun. En pleine derniere page, chaque jour, il y a une jeune femme en string qui exhibe totallement sa poitrine qu'elle a généreusement refaite, prodiguant quotidiennement aux usagers des lignes de bus/tram quelques milliers d'érections gratuites, culpabilisant quelques centaines d'honnetes gens qui sont allé voir le spectacle religieux précédent.
29/12/07 Auto stop pour Split, ville principale de la côte dalmate. La banlieue de Zagreb est en noir et blanc, Nina et Niko nous tendons nos pouces dans l'air glacial. Le premier type á nous prendre est un vieux jeune qui écoute Bijelo Dugme en nous déposant au péage de la direction voulue. Une demi heure de réfrigération du pouce droit et un anglais nous embarque direct pour notre destination. Il y travaille depuis 1 ans, s'occupe de project-management dans une entreprise fabriquant des bateaux. Ils viennent de finir la derniere commande le bateau personnel de Bernard Arnault ultrariche temoin de mariage de notre Naboléon national. Le conducteur a construit son propre petit navire ce qui lui perment d'aller flâner dans les îles de Dalmatie, on parle des requins qu'il voit parfois. Il met un CD de Green Day le genre de musique qui convient pour rouler á fond sur une autoroute toute droite ensoleillée. Maintenant assis sur un banc á 5 metres de l'Adriatique, il fait 10°C (de plus qu'á Zagreb) et la lumiere l'ozone et la surface de l'eau fabriquent d'infinies nuances de bleu jaune orangé.
30/12/07 Dans le bar de la station Bus de Mostar nous attendons Nina qui a pris le bus faute de place dans la voiture. Soirée précédente arrosée á échanger des bribes de chansons dans nos langages respectifs. Certains des interlocuteurs croates connaissent quelques expressions françaises insolites : "Batterie", "Non, c'est trop cher". Départ en voiture et arręt chez les parents de ???. Son pere immense m'attrape par les épaules en rigolant. Rula le chien se fait emmerder par "Glupi Pik". Explication : Pik est un long chien du quartier maigrelet á poil ras á l'air maladroit et hésitant en permanence. La mere de le traiter régulierement de stupide, "Glupi" en croate. D'oů ces cris réguliers "Glupi Pik !" que nous entonneront durant le reste du trajet. Lorsque le papa s'en sera éloigné pour nous souhaiter bonne route, Glupi Pik boulottera gaillardement l'assiette de charcuterie laissée sur la table, et la derniere image de cette famille est celle du papa chassant Glupi Pik á jets de caillou sans conviction.
des endroits oů les gens vendent des trucs, antiquaire oů il y a des miniatures chinoises, un étui á lunette en cuir de reptile contenant de petites lunettes brisées. Librairies pour voir quels genre d'idées on diffuse par lá, tres peu de BD. Visite á la cathédrale. Au devant, il y a une reproduction grandeur nature de scene biblique. Sur musique new-age, un type habillé en caricature des temps anciens se gele les parties (car il fait tres froid á Zagreb) au coin d'un feu. Un commentaire tandis que le type se leve, pour respecter le timing des explications orales traverse á pas lent le faux pont installé pour l'occasion, il sort une fausse flűte et fait semblant de jouer un air que tonitrue les hauts parleurs. Autour, les filles et les garçons payés pour faire les pitres habillés comme l'autre, attendent leur signal d'entrée en rigolant. Ca y est, tout le monde simule l'animation d'un faux marché, le forgeron tape un marteau sur une enclume en rythme sur un arrangement de Shalom alerem. Tout le monde tape lourdement des mains en évitant soigneusement le contre temps qu'essaie désespérement de souligner la bande son. Alors Marie et Joseph se pointent, ils sont accueillis aupres du feu oů 2 types les convient á se geler les parties en commun. Un judéen sort un micro et interview Joseph, je me casse. Il y a aussi depuis peu, une vague de journaux gratuits qui envahissent les transports en commun. En pleine derniere page, chaque jour, il y a une jeune femme en string qui exhibe totallement sa poitrine qu'elle a généreusement refaite, prodiguant quotidiennement aux usagers des lignes de bus/tram quelques milliers d'érections gratuites, culpabilisant quelques centaines d'honnetes gens qui sont allé voir le spectacle religieux précédent.
29/12/07 Auto stop pour Split, ville principale de la côte dalmate. La banlieue de Zagreb est en noir et blanc, Nina et Niko nous tendons nos pouces dans l'air glacial. Le premier type á nous prendre est un vieux jeune qui écoute Bijelo Dugme en nous déposant au péage de la direction voulue. Une demi heure de réfrigération du pouce droit et un anglais nous embarque direct pour notre destination. Il y travaille depuis 1 ans, s'occupe de project-management dans une entreprise fabriquant des bateaux. Ils viennent de finir la derniere commande le bateau personnel de Bernard Arnault ultrariche temoin de mariage de notre Naboléon national. Le conducteur a construit son propre petit navire ce qui lui perment d'aller flâner dans les îles de Dalmatie, on parle des requins qu'il voit parfois. Il met un CD de Green Day le genre de musique qui convient pour rouler á fond sur une autoroute toute droite ensoleillée. Maintenant assis sur un banc á 5 metres de l'Adriatique, il fait 10°C (de plus qu'á Zagreb) et la lumiere l'ozone et la surface de l'eau fabriquent d'infinies nuances de bleu jaune orangé.
30/12/07 Dans le bar de la station Bus de Mostar nous attendons Nina qui a pris le bus faute de place dans la voiture. Soirée précédente arrosée á échanger des bribes de chansons dans nos langages respectifs. Certains des interlocuteurs croates connaissent quelques expressions françaises insolites : "Batterie", "Non, c'est trop cher". Départ en voiture et arręt chez les parents de ???. Son pere immense m'attrape par les épaules en rigolant. Rula le chien se fait emmerder par "Glupi Pik". Explication : Pik est un long chien du quartier maigrelet á poil ras á l'air maladroit et hésitant en permanence. La mere de le traiter régulierement de stupide, "Glupi" en croate. D'oů ces cris réguliers "Glupi Pik !" que nous entonneront durant le reste du trajet. Lorsque le papa s'en sera éloigné pour nous souhaiter bonne route, Glupi Pik boulottera gaillardement l'assiette de charcuterie laissée sur la table, et la derniere image de cette famille est celle du papa chassant Glupi Pik á jets de caillou sans conviction.
Le Croate horrible de poche, Edition Boris
Voici une collection d'insultes tout á fait imaginatives et peu recommandables qui blasphement et transgressent le tabou de l'inceste dans tous les sens (remplissant ainsi pleinement leur fonction), vous voila prévenu. Merci á Boris et Igor.
-JEBO TI DAS MATER MRTVU NA PIĆKI SESTRE TI PROKURLJVENE KOJA SVOJEDOBNO PUŚILA KURĆINU JEBAĆIMA OCA SVOJEGA SA IKRBAVIM USTIMA, OSTAVIVŚI JE PUNIH USNICA NAPROSTO POSPERMLJENIM ĆISTIM VRAZJE SMEDIM GOVNIMA KOJE JE POSRAO SAM DJED.
-JEBEM, TE V USTA !
-PUŚI KURAC SINOVOG TI OCA !
-PIĆKA TI MATERINA !
Je n'ai pas encore la traduction de ces passages, j'en demanderais bientot la signification a un(e) traducteur/trice de confiance.
-JEBO MAJKU ! = classique indemodable : nique ta mere
-KRU TI JEBEM ISUSOVU ! = difficile á traduire, Igor propose cette version anglophone : fuck you Jesus blood.
-JEBO TI KONJ MATER SKRVAVIM KURCEM U OKO ! = le tres imagé : let the horse fucks your mother in the eyes with the bloody dick.
-DABOGDA TE MAJKA KUKOM TRAŽILA PO SAVI = Que le seigneur fasse que ta mere cherche ton corps dans la riviere Save avec un crochet/une drague.
-DABOGDA TE MAJKA U CEVAPU PREPOZNALA = Que le seigneur fasse que ta mere te découvre dans le kebab qu'elle mange.
Une part de patrimoine á preserver, incontestablement.
-JEBO TI DAS MATER MRTVU NA PIĆKI SESTRE TI PROKURLJVENE KOJA SVOJEDOBNO PUŚILA KURĆINU JEBAĆIMA OCA SVOJEGA SA IKRBAVIM USTIMA, OSTAVIVŚI JE PUNIH USNICA NAPROSTO POSPERMLJENIM ĆISTIM VRAZJE SMEDIM GOVNIMA KOJE JE POSRAO SAM DJED.
-JEBEM, TE V USTA !
-PUŚI KURAC SINOVOG TI OCA !
-PIĆKA TI MATERINA !
Je n'ai pas encore la traduction de ces passages, j'en demanderais bientot la signification a un(e) traducteur/trice de confiance.
-JEBO MAJKU ! = classique indemodable : nique ta mere
-KRU TI JEBEM ISUSOVU ! = difficile á traduire, Igor propose cette version anglophone : fuck you Jesus blood.
-JEBO TI KONJ MATER SKRVAVIM KURCEM U OKO ! = le tres imagé : let the horse fucks your mother in the eyes with the bloody dick.
-DABOGDA TE MAJKA KUKOM TRAŽILA PO SAVI = Que le seigneur fasse que ta mere cherche ton corps dans la riviere Save avec un crochet/une drague.
-DABOGDA TE MAJKA U CEVAPU PREPOZNALA = Que le seigneur fasse que ta mere te découvre dans le kebab qu'elle mange.
Une part de patrimoine á preserver, incontestablement.
De didjeridoo dans un planetarium et de traduction tres approximative
24/12/07 C'est Noel et passe du temps á envoyer des messages á des jeunes qui proposent de loger des gens en cette fin d'année en Sarajevo pour pas d'argent. Passe au Rog rendre visite aux 3 comperes qui habitent le centre social. Louis est en train de manger, le type qui vient de Bosnie et l'autre d'Iran dont ne me rappelle plus les prenoms, de regarder une emission au sens limité sur une vieille télé qui capte mal. Dans un autre bâtiment, il y a la salle de concert oů rien n'est prévu aujourd'hui, seulement un type genre nouveau punk qui dit s'appeler Jasmin, qui tape sur la batterie en ne tenant aucun rythme plus de 15 secondes. Au gars derričre le bar, est demandé si possibilité de jouer avec les batteur. Il a l'air d'ętre fatigué des 5 concerts par semaines qui se déroulent ici, mais la question est redirigée vers le tapeur zappeur. Accepté. Donc avec une guitare électrique dont il manque les deux cordes aigues, nous essayons de nous entendre en passant á la moulinette de la guitare estropiée des tas de mélodies. Entre les séances d'interactions heuristiques (ouah il est placé ce terme lá, c'est pas souvent), nous allons boire une biere á 1 euro 30.
Un humain feminin est lá avec un individu canin noir imposant qui me fait la fęte puis attrape et tire-machouille l'extremité de mon pied droit. Un homme grand et mince se pointe en maugréant quelque chose d'un air ravi. Le jeune batteur cčde sa place á un type qui ressemble á Eric Clapton vieux donc bientot ça fait gesticuler des doigts pour faire du blues. Passe tout l'aprčs midi du 25 sur un site internet dont l'objectif est de mettre en reseau les gens qui veulent heberger des voyageurs gratos. Départ demain á 8h35 pour Zagreb, rencontrer Nikolina avec laquelle irais probablement passer New year's eve á Mostar (BiH).
Dans le compartiment il y a des gens de Macédoine qui sortent leur passport noir á la douane. Les derniers kilomčtres avant Zagreb, dans le couloir il y a un vieux type tout de sombre vętu, un chapeau, qui chante d'une voix émouvante des chansons dont ne peux les paroles comprendre. Mais la voix et la mélodie sont sonores et belles, les larmes aux yeux quasi. Peut-ętre est-il drunk ? Il a des yeux bleux intenses, j'applaudis á la fin et il continue. Arrivé, Niko est lá, nous rendons á l'appartement de potes qui ne sont pas lá mais des musiciens qui prennent du bon temps : un cajon, un violon, deux guitares. Un des joueurs s'appelle Boris, auparavent ils ont été jouer dans les environs de Toulouse pour une tournée montée par une asso de Paris. Parmi les expressions française qu'on lui a appris, pour demander l'heure il y a "bonjour, je m'appelle Boris, j'ai une petite bite ?". Comme ils veulent se venger, Boris m'écrit sur un papier ce message galant qu'il me faut adresser ŕ la fille de mon choix. Boris m'assure de la courtoisie de ce message des plus juicy :
ĆAO DEKLICA ! MAS LEPI JOŠKI ! LEPO BI BELO ĆE BI MOGEL SKONČATI PO NJIMA ! PO LEVOJ AMPAK DESNOJ ?
Pas fou, le fais traduire il signifie : "Salut beauté ! Tu as de magnifiques nichons ! Ce serait super d'éjaculer dessus ! Sur le droit ou sur le gauche ?"
Merci Boris, succčs garanti. Ces types sont chouettes, ils cherchent á sortir les musiques traditionnelles des Balkans du trou folklorique qui les menace. Ils sont donc de bons conseils pour les references. Deux d'entre eux partent le 3 Janvier pour la Guinée-Conakry pour un stage de formation aux musiques mandingues en compagnie de Mamadi Keita et Famoudou Konaté, ce qui n'est pas rien pour les connaisseurs. Ce 27 Decembre au soir, écrire dans cet appartement au papier peint vert que je passe d'excellents moments en Croatie, détruits les stéréotypes (mais d'oů vient ce mot ?) élaborés depuis la France. Les gens rencontrés ici sont inventifs et Boris incroyablement drôle avec un humour á froid des plus efficace. A Zagreb au soir, on peut assister á un concert de Didjeridoo dans un planétarium. Un type baraqué raconte des histoires en faisant des rythmes durs á comprendre á l'aide de son souffle et de morceaux
d'arbres eucalyptus démantibulé. Un autre gars raconte la vie des étoiles, ne razumem sinon que les gens rigolent par intermittence du commentaire qu'il mčne d'un ton vif et rapide.
Aprčs, rendez vous at the green flat, oů attendent des bičres pleines de considérations absurdes mais libératrices, un mélange de souvenirs de guerres, de tentatives d'analyse du rôle de l'Union Européenne notamment dans l'attribution des zones de pęches au large de la Croatie.
Un humain feminin est lá avec un individu canin noir imposant qui me fait la fęte puis attrape et tire-machouille l'extremité de mon pied droit. Un homme grand et mince se pointe en maugréant quelque chose d'un air ravi. Le jeune batteur cčde sa place á un type qui ressemble á Eric Clapton vieux donc bientot ça fait gesticuler des doigts pour faire du blues. Passe tout l'aprčs midi du 25 sur un site internet dont l'objectif est de mettre en reseau les gens qui veulent heberger des voyageurs gratos. Départ demain á 8h35 pour Zagreb, rencontrer Nikolina avec laquelle irais probablement passer New year's eve á Mostar (BiH).
Dans le compartiment il y a des gens de Macédoine qui sortent leur passport noir á la douane. Les derniers kilomčtres avant Zagreb, dans le couloir il y a un vieux type tout de sombre vętu, un chapeau, qui chante d'une voix émouvante des chansons dont ne peux les paroles comprendre. Mais la voix et la mélodie sont sonores et belles, les larmes aux yeux quasi. Peut-ętre est-il drunk ? Il a des yeux bleux intenses, j'applaudis á la fin et il continue. Arrivé, Niko est lá, nous rendons á l'appartement de potes qui ne sont pas lá mais des musiciens qui prennent du bon temps : un cajon, un violon, deux guitares. Un des joueurs s'appelle Boris, auparavent ils ont été jouer dans les environs de Toulouse pour une tournée montée par une asso de Paris. Parmi les expressions française qu'on lui a appris, pour demander l'heure il y a "bonjour, je m'appelle Boris, j'ai une petite bite ?". Comme ils veulent se venger, Boris m'écrit sur un papier ce message galant qu'il me faut adresser ŕ la fille de mon choix. Boris m'assure de la courtoisie de ce message des plus juicy :
ĆAO DEKLICA ! MAS LEPI JOŠKI ! LEPO BI BELO ĆE BI MOGEL SKONČATI PO NJIMA ! PO LEVOJ AMPAK DESNOJ ?
Pas fou, le fais traduire il signifie : "Salut beauté ! Tu as de magnifiques nichons ! Ce serait super d'éjaculer dessus ! Sur le droit ou sur le gauche ?"
Merci Boris, succčs garanti. Ces types sont chouettes, ils cherchent á sortir les musiques traditionnelles des Balkans du trou folklorique qui les menace. Ils sont donc de bons conseils pour les references. Deux d'entre eux partent le 3 Janvier pour la Guinée-Conakry pour un stage de formation aux musiques mandingues en compagnie de Mamadi Keita et Famoudou Konaté, ce qui n'est pas rien pour les connaisseurs. Ce 27 Decembre au soir, écrire dans cet appartement au papier peint vert que je passe d'excellents moments en Croatie, détruits les stéréotypes (mais d'oů vient ce mot ?) élaborés depuis la France. Les gens rencontrés ici sont inventifs et Boris incroyablement drôle avec un humour á froid des plus efficace. A Zagreb au soir, on peut assister á un concert de Didjeridoo dans un planétarium. Un type baraqué raconte des histoires en faisant des rythmes durs á comprendre á l'aide de son souffle et de morceaux
d'arbres eucalyptus démantibulé. Un autre gars raconte la vie des étoiles, ne razumem sinon que les gens rigolent par intermittence du commentaire qu'il mčne d'un ton vif et rapide.
Aprčs, rendez vous at the green flat, oů attendent des bičres pleines de considérations absurdes mais libératrices, un mélange de souvenirs de guerres, de tentatives d'analyse du rôle de l'Union Européenne notamment dans l'attribution des zones de pęches au large de la Croatie.
vendredi 4 janvier 2008
De Sarajevo et de tourisme japonais
Il y a beaucoup de chose auparavant que transmettrais au retour, depuis la nuit de Noel passé á jouer du blues punk sur une guitare electrique estropiée en compagnie d'un slovene á la coupe iroquois energique mais maladroit au manette d'une batterie ripoute.
Ca fait 3 jour á Sarajevo maintenant.
Ce matin, rencontre des 3 personnes originaires du Japon qui partage ma chambre á l'hotel Ljubljica.
L'une, Akiko 27 ans, travaille d'habitude dans une maison de retraite á Tokyo. Elle est tres discrete mais on rigole quand je fais des commentaires sur la coupe de cheveux incroyable que je me paie ce matin en me levant, sans rire, on aurait dit des cheveux de manga.
Yoichi 29 ans est commercial pour une entreprise qui fabrique des moteurs pour l'industrie (me demandez pas plus de details dans les applications et le vocabulaire technique tout en anglais). Il travaille habituellement de 9h du matin jusqu'a minuit, parfois 3h du matin, il est chargé de negocier les ventes aupres des acheteurs, et de trouver des compromis avec les responsables de son entreprises pour qui les requetes des demandeurs sont souvent trop difficiles á surmonter. "high pressure" il dit.
Yutaka 25 ans a arreté de travailler dans la conception et le design de websites, se consacre au voyage depuis 5 mois.
Apres un petit dejeuner oú les echanges furent marrants, les suis dans leur programmes de visites de la ville. "Quickly" est le mot d'ordre.
Hop je ne vais pas plus loin maintenant, RDV á 20h avec Emre le gars d'Istanbul qui veut faire du business á Sarajevo en relancant le ski (eh oui, depuis les jeux olympiques de 1984, les environs sont bien pourvus).
A ceux á qui je n'ai pas pu repondre et adresser mes voeux á temps : joyeux Noel, bonne année, bonne fete de Tabaski. Je vous souhaite ce qu'il y a de mieux.
Ca fait 3 jour á Sarajevo maintenant.
Ce matin, rencontre des 3 personnes originaires du Japon qui partage ma chambre á l'hotel Ljubljica.
L'une, Akiko 27 ans, travaille d'habitude dans une maison de retraite á Tokyo. Elle est tres discrete mais on rigole quand je fais des commentaires sur la coupe de cheveux incroyable que je me paie ce matin en me levant, sans rire, on aurait dit des cheveux de manga.
Yoichi 29 ans est commercial pour une entreprise qui fabrique des moteurs pour l'industrie (me demandez pas plus de details dans les applications et le vocabulaire technique tout en anglais). Il travaille habituellement de 9h du matin jusqu'a minuit, parfois 3h du matin, il est chargé de negocier les ventes aupres des acheteurs, et de trouver des compromis avec les responsables de son entreprises pour qui les requetes des demandeurs sont souvent trop difficiles á surmonter. "high pressure" il dit.
Yutaka 25 ans a arreté de travailler dans la conception et le design de websites, se consacre au voyage depuis 5 mois.
Apres un petit dejeuner oú les echanges furent marrants, les suis dans leur programmes de visites de la ville. "Quickly" est le mot d'ordre.
Hop je ne vais pas plus loin maintenant, RDV á 20h avec Emre le gars d'Istanbul qui veut faire du business á Sarajevo en relancant le ski (eh oui, depuis les jeux olympiques de 1984, les environs sont bien pourvus).
A ceux á qui je n'ai pas pu repondre et adresser mes voeux á temps : joyeux Noel, bonne année, bonne fete de Tabaski. Je vous souhaite ce qu'il y a de mieux.
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